Chaque année, à la mi-août, la ville de Brignoles (Var) se transforme en un grand théâtre médiéval.
Cette fête populaire, plus fantastique que strictement historique, revisite le Moyen Âge à travers un prisme poétique et festif. L’artisanat et la reconstitution fidèle laissent place à des animations spectaculaires, à la musique et à l’imaginaire.
Compagnies d’art de rue, musiciens et artistes costumés animent les ruelles pavées tout au long du week-end.
J’y ai passé quelques heures cette année, l’appareil à la main, pour en saisir les couleurs, les sons et les visages — un photo-reportage à la frontière entre rêve et folklore.
De la musique de rue
Les ruelles du centre ancien résonnaient de tambours, de flûtes et de percussions.
Plusieurs groupes déambulaient, tous costumés, chacun apportant sa propre énergie. Certains allaient au-delà du simple concert : ils proposaient de véritables performances visuelles, où musique, costume et mouvement formaient un tout.
La compagnie Aouta, avec son spectacle Sonal, a rendu un hommage singulier à la transhumance. Des musiciens déguisés en loups incarnaient la nature sauvage et l’esprit nomade, mêlant rythmes ancestraux et poésie sonore.


Plus loin, la compagnie Al-Cantara proposait une approche plus traditionnelle.
Composé de six artistes, l’ensemble présentait un mélange de musiques médiévales et du monde, offrant une parenthèse plus douce, portée par la complicité entre les membres du groupe et la résonance des instruments d’époque.
Marionnettes et échasses

L’aspect fantastique des Médiévales permet de plonger dans un univers où tout semble possible.
La compagnie Vaporium a présenté Runaïnes, un spectacle déambulatoire où deux personnages montés sur échasses, richement costumés, allaient à la rencontre du public pour offrir présages et bonne aventure.

Un peu plus loin, la compagnie Ambraluna dévoilait Yolda, un chameau de bois articulé, monté sur une structure métallique roulante.
Cette créature mécanique, accompagnée de chants et de récits, avançait lentement dans les rues, oscillant entre animal et machine, créant une impression d’émerveillement mêlée de mystère.
Pour ceux qui viendront après

Le point culminant de ma visite fut sans doute l’apparition d’une immense marionnette articulée, animée par quatre marionnettistes.
Son envergure imposante l’obligeait à se glisser de profil dans les ruelles les plus étroites.
Ses mains, sa tête et ses yeux mobiles lui donnaient une présence presque vivante.
Elle interagissait avec le public, s’inclinant parfois vers un enfant ou levant lentement la tête vers les façades, comme si elle observait les traces du temps sur les pierres.



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